Si au lieu d’un maire, d’un conseil municipal et d’une bureaucratie centralisée, le fonctionnement d’une ville était entièrement régi par une blockchain ?
C’est le scénario que nous allons explorer aujourd’hui : une ville sans hiérarchie politique classique, où chaque citoyen peut voter, proposer, valider, et suivre l’évolution de sa cité en temps réel, de manière transparente et automatisée.
Gouvernance décentralisée et vote direct
Dans cette ville imaginaire, une élite ou des représentants élus tous les cinq ans ne prendraient plus les décisions politiques. Les citoyens voteraient directement sur chaque proposition (que ce soit l’installation de caméras de sécurité ou l’allocation d’un budget pour les écoles).
La blockchain enregistrerait ce vote, rendant toute tentative de manipulation impossible. Chacun disposerait d’un portefeuille numérique avec un droit de vote proportionnel à sa contribution à la communauté. Que ce soit, en temps, en implication locale, ou via un système de réputation.
Un budget municipal tokenisé

Deuxièmement, le budget de la ville serait intégralement tokenisé. Chaque dépense, chaque financement de projet public serait visible sur un explorateur public, traçable ligne par ligne, en temps réel. Ainsi, plus de surfacturation opaque ou de contrats douteux.
Les citoyens pourraient également décider de la répartition des fonds via des « budgets participatifs » tokenisés. Chaque token représenterait un choix de priorités : culture, sécurité, transport, éducation. À chaque période, les tokens seraient utilisés pour allouer les fonds selon les choix de la majorité.
Des smart contracts pour faire tourner la ville
Troisièmement, les services publics fonctionneraient automatiquement grâce à des smart contracts.
Par exemple, lorsqu’un citoyen signale un lampadaire cassé, un contrat intelligent s’active. Il déclenche l’envoi d’un prestataire enregistré, vérifie l’exécution du service, et libère le paiement automatiquement une fois la tâche validée par d’autres citoyens. Plus besoin d’intermédiaires administratifs lents ou coûteux. Tout devient, alors, fluide, transparent, et auto-exécuté.
Les citoyens comme validateurs

Un autre point intéressant : chaque résident devient un validateur du système. En s’impliquant dans la vie locale, ou en validant des tâches effectuées, chacun contribue à sécuriser le bon fonctionnement de la ville. Pour cela, ils reçoivent des récompenses sous forme de tokens municipaux. Ces derniers peuvent être utilisés pour accéder à certains services publics ou échangés contre des avantages (transports gratuits, accès à des événements, etc).
Un exemple concret : la ville de PariChain
Créons un scénario : PariChain. Une ville expérimentale dans un État avant-gardiste. À PariChain, toutes les décisions sont prises via DAO (Decentralised Autonomous Organisation).
Lorsqu’un habitant souhaite proposer une mesure (comme installer plus de bornes de recharge électrique), il soumet une proposition sur la plateforme municipale. Si le quorum est atteint et le vote validé, un smart contract alloue automatiquement une partie du budget, engage une entreprise certifiée, et suit les étapes jusqu’à la finalisation.
En parallèle, chaque citoyen peut suivre l’évolution sur une appli mobile. PariChain est aussi connue pour ses audits citoyens mensuels. Un groupe de résidents sélectionnés aléatoirement vérifie l’intégrité de certains contrats exécutés, un peu comme un jury populaire 2.0.
Utopie ou futur inévitable ?
Cette vision peut sembler utopique, mais elle s’appuie sur des technologies déjà existantes. Des villes comme Miami ou Lugano testent déjà des systèmes que le Web3 inspire. La gouvernance en DAO, la transparence budgétaire via la blockchain ou les mécanismes de récompense pour la participation citoyenne constituent autant de briques techniques déjà disponibles.
Le défi principal n’est plus technologique, mais politique, culturel et éthique. Sommes-nous prêts à vivre dans une ville où l’algorithme remplace l’administration ? Et si cette ville devenait plus juste, plus transparente, plus efficace ?